Un lotisseur veut aujourd'hui construire un grand nombre de petits appartements de vacances dans le coeur même du parc, ce qui signifie sa destruction irrévocable. La première phase du lotissement comprend une série de maisons mitoyennes de deux appartements chacune; construites sur des niveaux découpés dans le coteau. Ce “hameau” de 48 appartements de vacances serait construit sur la colline qui se trouve exactement devant le château entamant même les fondations de la motte castrale du 11è siècle. Et nous savons que, dans un futur proche, le projet du lotisseur prévoit trois autres phases qui seront forcément acceptés si la première l'est.
En ce qui concerne les phases suivantes, nous n'en avons pas vu les plans détaillés mais nous connaissons leur positionnement dans le parc et nous avons pu comprendre que le lotisseur a l'intention de tirer les leçons de la première phase afin de s’adapter à la demande du marché. Par cette façon d'aborder la question, le lotisseur espère qu'il aura carte blanche pour tirer profit de notre patrimoine national grâce à un projet très spéculatif d'urbanisation caractérisée par une haute densité.
 Voici ce qui se passerait si ce projet se faisait : ces coteaux boisés disparaîtraient et vous verriez, à la place, ces appartements. Le château qui se trouve en haut de la colline serait visible tout le temps. Il serait entouré non plus de couronnes d'arbres mais d'une prolifération de logements modernes.
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Beaucoup d'arguments ont été avancés pour nous faire avaler la pilule
Le projet ne concerne qu'une petite partie du grand parc
- Oui, mais la première phase détruirait, à elle seule, une partie intégrante du parc tel qu'il a été dessiné et un bien rare serait perdu, irrévocablement.
- Oui, mais ce n'est que le début..
- Oui, mais le lotissement est si près du château qu'il détruirait les perspectives que l'on peut avoir sur le château des côtés sud et sud-est. De plus, il a été inscrit à l'inventaIre des Monuments Historiques en partie parce que c'est un repère important de l'histoire collective.
- Oui, mais le lotissement est situé si près du château et du coeur du vieux village qu'il modifierait fondamentalement la sensation d'être dans une endroit historique. Un autre bien serait perdu.
- Oui, mais le lotissement est situé si près du château que l'utilisation future du bâtiment lui-même s'en trouverait fortement réduite, ce qui n'est pas une façon évidente d'attirer des capitaux conséquents (dont on aura besoin quel que soit l'utilisation du château à l'avenir)
Malgré ces remarques évidentes, le lotisseur a néanmoins obtenu son permis de construire. Les lois actuelles qui régissent l'urbanisation des villages comme Saint Blancard stipulent que, s'il avait été posssible d'implanter les appartements sur les bordures sud / sud-est du parc afin de réduire l'impact du lotissement, le permis de construire n'aurait pas été accordé car, à cet endroit, les bordures du parc, sont la campagne. Les nouveaux lotissements ne peuvent s'implanter que dans un environnement déjà urbanisé, à Saint Blancard, c'est le village.
Un autre argument laisse entendre que le parc va “reprendre vie”
Toutefois, quand on l'examine de plus près, cet argument est un embellissement euphémique de la réalité. Tout d'abord, le parc sera fermé au public. Ensuite, acheter un appartement ne garantira pas aux acheteurs des droits d'accès au parc en dehors de leur hameau. Les frais d'entretien annuels ne couvriront que l'entretien de chaque hameau. Alors qui va payer pour l'entretien du reste du parc? Qui va lui redonner vie? Il est peu probable que ce soit les propriétaires des appartements. Quel est l'encouragement quand on n’est pas propriétaire, et sans une récompense financière, qu'est-ce qui peut motiver le lotisseur?